L'importance des sols

Les terroirs

« On n’a plus les mêmes vignes qu’au départ. Ce n’est pas un signe d’originalité, c’est la vie qui en a décidé. Et puis, ça nous va. Estelle et moi sommes toujours en recherche d’expressions nouvelles, différentes, de sensations, de coups de cœur ». Changements et agrandissements ont vu les parcelles évoluer en quelques années selon les projets qui se sont présentés, les ressentis, les découvertes, mais aussi l’envie d’assurer l’avenir de leurs deux fils. Rien n’est immuable, rien n’est stable, c’est peut-être là que le métier de vigneron prend tout son sens. Pierre comme Estelle aiment ce mouvement perpétuel, signe de progression, d’évolution, avec comme attache, la terre et la vigne qui pousse dessus. Ce sol calcaire qui leur semble plus tendre que rude, c’est leur attache.

le cœur

Le Mas de Périé

Le Mas de Périé, c’est le cœur, l’entité remarquable où se côtoient les vignes, les oliviers, les truffières, les parcelles vouées au maraichage et les jachères fleuries. Ces dernières embellissent le site tout en nourrissant les abeilles des 5 ruches. Un havre, un biotope semé de blé tendre, de variétés anciennes. C’est un tout.

Mais c’est aussi le centre névralgique qui rassemble les chais de vinification et d’élevage, le bureau commercial, l’accueil des visiteurs, le hangar où s’abrite les tracteurs, la machine à café qui nous réchauffe ou nous réconforte, le barbecue dont les braises rougeoient deux fois par mois lors des repas d’équipe. Le terroir c’est aussi les hommes.

Le Mas se situe à 20 minutes de Montpellier.

Mas de Périé - Pierre Clavel

L'exposition parfaite

Vignoble du Pic Saint Loup

La terre peut avoir du charme pour qui la manipule, la palpe, la regarde. Ici, elle est brune, rousse et blonde, c’est dire…

À Saint Jean de Cuculles, le vignoble se cache au cœur d’un bois de
pins d’Alep.

Les bois de pins sont très odorants, thym et romarin ajoutent leur bonne odeur, elle met le cœur de bonne humeur, il fait bon y travailler.

Les deux parcelles, l’une en plaine, l’autre en coteaux, offrent une exposition parfaite. Les sols, des éboulis et des colluvions calcaires pour le haut, des argiles à petits galets pour les bas, apparaissaient lumineux.

Le vignoble de 17 hectares repris en 2009 a tout de suite adopté le mode biologique. Six personnes y travaillent toute l’année tous les jours de la semaine. Du coup, en peu de temps, le paysage s’y est transformé, des haies vives ont rejailli du sol, la taille des vignes s’est améliorée, une parcelle de blanc s’est ajoutée dans la foulée. Et pour améliorer la structure du sol, de la moutarde, des pois, du triticale (blé) y poussent en hiver pour, écrasés en été, offrir un mulch protecteur pendant quelques semaines avant d’être labouré.

Les syrah viennent à merveille sur ces trois différentes argiles que j’aime à dire blonde, brune et … rousse.

La brune me fait des petites grappes serrées aux accents de fruits noirs bien tanniques.

La blonde me flatte par ses airs floraux qui embaument l’iris et le lis.

La rousse aux grains déliés s’épice à souhait, c’est la pincée de poivre qui souligne le fruit des deux cuvées issues de ce terroir, Bonne Pioche et Des Clous.

Pic Saint Loup

Entre vignes & arbres fruitiers

Vignoble de Montpeyroux

Un enchaînement rapide. Les vendanges battent leur plein. Nous sommes en septembre 2016. Les Clavel ont eu vent d’un petit vignoble mis en vente à Montpeyroux. Antoine s’y rend. Il revient enthousiaste. Y emmène ses parents et son frère sur le champ. L’endroit est beau, le raisin goûte bien, quelques oliviers poussent au milieu des vignes. Il y fait frais et venteux, la barrière climatique méditerranée/atlantique n’est qu’à une dizaine de kilomètres, contre une bonne quarantaine au mas.

Ce petit vignoble appuyé aux contreforts du Larzac regarde la plaine du haut de ses 350 mètres, c’est le plus haut de Montpeyroux. Il s’entoure d’amandiers trentenaires. Le sol y est calcaire, très calcaire, 10 ha en plateau fait de colluvions. Défrichés il y a trente-cinq ans et planté de syrah, il garde un caractère sauvage.

Plus bas, une autre parcelle de 3 ha celle-là, proche des maisons du village de Montpeyroux offre son coteau au mourvèdre et à une poignée de carignan. L’endroit est doux à l’œil, il apparaît comme un jardin entouré d’autres semblables, mélangeant vignes et arbres fruitiers.

Montpeyroux

La vigne entourée de toutes nos autres cultures participe à ce biotope complexe si favorable à l’une comme aux autres, comme à nous. Cette démarche harmonieuse et si évidente, nous guide pas à pas vers la biodynamie.